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Microbiote et dépression : ils seraient liés par le nerf vague



le nerf vague lien entre cerveau et système digestif
microbiote et dépression

Le 11/01/2024 à 15h00. Magazine ça m'intéresse


Une équipe de l’Inserm suspecte le nerf vague, qui relie le cerveau aux intestins, de jouer un rôle dans le développement de la dépression.

C’est le nerf le plus étendu de l’organisme. Le nerf vague part du cerveau et le lie à plusieurs organes dont ceux du système digestif. Des chercheurs pensent qu’il pourrait jouer un rôle dans la dépression, en liant la maladie psychique avec le microbiote intestinal.

Diverses études ont montré que la dépression est liée à la composition de la flore intestinale. Premièrement, les personnes dépressives présentent un microbiote altéré, c’est-à-dire avec un déficit ou un excès de mauvaises bactéries. Deuxièmement, si l’on transfère le microbiote d’un individu en dépression à un être sain, celui-ci développe la même maladie. Ce qui confirme le lien de causalité. Mais les scientifiques n’arrivent pas encore à bien comprendre ce qu’il se passe dans ces organismes, et pourquoi les mauvaises bactéries arrivent à créer un état dépressif.

Les bactéries impactent le nerf vague

Dans un article scientifique publié en mai 2023, une équipe de l’Inserm a étudié une piste : le nerf vague. Ce dernier “relie le cerveau à différents organes dont le système digestif et constitue ainsi un lien anatomique direct entre les deux, explique Eleni Siopi, première auteure de ces travaux, dans un récent communiqué. “En outre, des bactéries intestinales sont retrouvées à proximité de ce nerf et impactent son activité. Et ce nerf est relié à des régions cérébrales impliquées dans la gestion des émotions.”

Les chercheurs ont testé cette hypothèse sur des souris en bonne santé. Certaines avaient un nerf vague intact, d’autres en avaient un sectionné au niveau de l’abdomen. Ce qu’ont fait les scientifiques est simple : ils ont transféré un microbiote altéré issu d’organismes qui souffraient de dépression aux rongeurs des deux groupes. “Cette procédure de transfert est courante en laboratoire pour induire une dépression chez les animaux receveurs. Cela se traduit par une perte d’intérêt, de curiosité, de motivation, ou encore une apathie lors d’exercices simples”, précise l’auteure.

Résultats : les souris ayant un nerf vague intact ont présenté ces symptômes dépressifs, tandis que celles avec un nerf sectionné sont restées en bonne santé mentale.

“L’effet est très significatif puisque la totalité des animaux concernés a été protégée de la maladie. La vagotomie (section du nerf vague, ndlr) a provoqué un découplage de l’intestin et du cerveau qui a suffi à préserver les sujets de l’état dépressif provoqué par" un déséquilibre intestinal, présente-t-elle.

Stimuler le nerf vague, le traitement de demain ?

Ces résultats permettent d’en savoir plus sur ce lien entre microbiote et dépression, mais surtout ils pourraient ouvrir quelques pistes de réflexion sur de futurs traitements. La maladie est actuellement mal soignée par les traitements actuels : environ 30% des patients ne répondent pas de manière satisfaisante aux inhibiteurs de recapture de la sérotonine, et souffrent de dépression résistante.

L’idée serait de proposer, en parallèle des traitements, des thérapies de stimulation du nerf vague avec de la méditation ou des massages, conclut la scientifique.


Écrit par Valentine Poignon

Le 11/01/2024 à 15h00. Magazine ça m'intéresse


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